La « télé-expertise » est-elle le 1er pas de la réalité augmentée en entreprise ?

La fonctionnalité a plusieurs noms (télé-expertise, projection d’expertise, expert online, vidéo assistance, etc.) mais elle consiste pratiquement à apporter une information précise sur le terrain, au plus prêt du problème et de l’opérateur. Il s’agit, en plus, de permettre à ce dernier d’interagir le plus naturellement possible avec cette information et, si besoin, la modifier ou la compléter pour la faire remonter. La télé expertise semble un premier pas naturel dans le long chemin qui va amener la réalité augmentée dans toutes les entreprises.

Bien que les frontières soient floues et vont évoluer dans les prochaines année, la notion de téléassistance ne fait pas spécifiquement appel à de la réalité augmentée. Comme on le voit dans le cas de Polm Studio la fonctionnalité principale du dispositif est d’établir un lien vidéo en direct entre un opérateur sur le terrain et un expert « ailleurs », qui peut être aussi bien un humain qu’un algorithme. Tous les dispositif techniques de captation vidéo et de restitution sont envisageables (lunettes, tablettes, smartphone, caméra, etc.) et dépendent en fait des conditions d’utilisation.

FormationRealiteAugmenteeL’acceptation de cette fonctionnalité est plutôt bonne car elle ne fait que compléter ce qui existe déjà (l’appel au support technique) en évitant à l’opérateur de décrire verbalement les choses. De plus la captation d’images permet de simplifier le compte rendu d’intervention.

Comme je vous l’ai précisé plus haut, il y a quelques produits déjà quasiment matures sur le marché :

Plusieurs autres entreprises comme DAQRI ou DIOTA travaillent sur des solutions similaires et l’arrivée récente de PTC dans le domaine va probablement encore augmenter l’offre.

Coté utilisateur les choses avancent aussi puisqu’en lisant la fiche « Réalité Augmentée » du cahier des technologies prioritaires de la mécanique du CETIM, on constate que le coté maintenance est fortement mis en avant.

Epson Moverio BT-2000

Epson Moverio BT-2000

Il semble un peu tôt pour dresser une liste exhaustive de bonnes pratiques. On peut cependant mettre en lumière quelques points :

  • Le matériel idéal n’existe pas (encore) : Il est clair qu’il faut un casque ou des lunettes pour avoir un maximum d’aisance. Aujourd’hui ces périphériques ne sont pas matures, sauf peut être le dernier modèle Moverio BT-2000 de Epson mais qui allie un coût non négligeable à des conditions d’utilisation particulières. Impossible de les mettre immédiatement dans les mains d’un opérateur.
    Paradoxalement il semble presque plus simple d’utiliser des modèles de type Google Glass qui déportent les informations sur le coté du champ de vision. Dans ce cas (comme c’est Bosch Rexroth) il s’agit d’une assistance simple mais assez efficace. Dernier détail pour l’utiliser : vos journées de travail doivent durer 2 heures (comme la batterie) …
    Attention cependant, loin de min l’idée de vous inciter à abandonner les lunettes. Il est clair que ce seront dans un avenir proche les interfaces adaptées (sous forme de lunettes, casque ou visière). Il me semble donc important de faire des prototypes et de penser la roadmap de l’application à la fois sur tablette et sur lunettes. Le bon coté est que cela nous oblige à être particulièrement vigilant à l’ergonomie (UX) !
  • Les données utilisées doivent exister : Cela parait simple à dire mais il faut savoir où sont les données qui vont être utilisées, qui en à la charge, s’il faut les créer ou les adapter, etc. Dans le cas où on cherche en plus une remontée d’information, le SI doit évidement être en capacité d’ouvrir des canaux adaptés. Je ne vais pas revenir sur les problèmes de sécurité que cela peut poser tant sur les données que sur la liaison… Il faut ajouter à cela la qualification des données remontées : ont-elles la même valeur que celle créer pas d’autres moyens ?
  • Procore-Google-Glass-construction-workerL’acceptabilité par les opérateurs : Comme j’ai parle assez souvent ici, je risque de radoter un peu mais le succès de l’opération viendra des opérateurs terrain et non seulement de la qualité de la technologie ou de la grosseur du budget. Il faut donc travailler avec des « vrais » opérateurs, qui ont des contraintes de temps et de productivité. Si je voulais pousser le bouchon je conseillerai même des personnes légèrement technophobes 🙂 Vous savez ce qui fonctionne, ils vous diront ce qui ne fonctionne pas ! L’acceptabilité passe également par une promesse claire d’amélioration des conditions de travail, dans leur globalité. Gagner 10 minutes sur une opération de maintenance mais devoir penser à recharger, mettre à jour, calibrer, protéger une paire de lunettes n’est peut être pas un gain globale …
  • La formation : C’est également un élément de l’acceptabilité et de la performance. Je la mets un peu à part car depuis les efforts sur les interfaces des applications, on a l’impression que la formation est inutile. C’est à mon avis confondre un peu rapidement les usages professionnels (forcement cadrés) et grand public. Même avec les applications les plus simples et les plus accessibles, la phase de formation est une politesse rendue aux futurs utilisateurs. C’est un moyen simple de partager autours de ce que tout le monde attends de l’application au moment où elle est entre les mains, ce qui est différent des phase amonts de conception.

On vient de le voir, la télé-expertise est une manière excellente de mettre de la réalité augmentée dans l’entreprise en s’appuyant sur des technologies matures et robustes. Même si de nombreuses expérimentations restent confidentielles, il est assez simple de montrer que les ROI en terme d’efficacité et d’amélioration des conditions de travail sont excellents. Qu’attendez-vous pour tenter l’expérience !

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