[Re]work, une rencontre autour du coworking et des tiers-lieux

rework2014

Le lundi 3 février s’est déroulé à la Cantine de Rennes une rencontre autour du coworking et des tiers-lieux. Il s’agissait pour les acteurs impliqués, aussi bien gestionnaires que coworkers, de faire un premier bilan de l’existant et d’imaginer la suite. Je vous propose dans cet article une courte synthèse des discussions. Je place ce billet dans ma catégorie « Système d’information » car il s’agit pour moi également d’une vraie révolution sur la manière dont les entreprises vont gérer leurs S.I.

La problématique de départ était très centré sur la gestion et le fonctionnement des lieux eux-même. Après une bonne heure de discussion informelle il s’est dégagé trois thématiques distinctes :
  • Le modèle économique d’un tiers lieux
  • La coworking et le territoire
  • Le coworking et les nouveaux modes de vie

Chaque thématique a été discuté par une groupe de personne et j’ai personnellement participé à la partie « mode de vie ». Vous comprendrez donc que je sois un peu plus prolixe sur ce sujet 🙂 Voici mon résumé par partie suivi de réflexions toutes personnelles qui me sont arrivées depuis !

Le modèle économique d’un tiers lieux

La question est important pour la création et la survie de nombreuses initiatives. Les modèles actuels sont très variés, depuis le financement 100% du Forum Digital de Caen à celui 100% privé de l’Ubiplex de Betton. La plupart des initiatives sont cependant mixtes comme La Cantine Rennes ou La Matrice de Saint-Brieuc.

Les ressources sont assez similaires dans tous les cas : coworking, location de salle, privatisation de lieux et organisation d’événements. On note cependant une tendance générale à réduire la dépendance à des subventions publiques de plus en plus incertaines. Plusieurs expériences sont tentées en ce moment pour diversifier les ressources. La Cantine Rennes propose des formations et des « master class ». La Matrice développe sa propre monnaie les « pokoù », destinée à favoriser les échanges.

Plusieurs autres pistes sont envisagées autours de services complémentaires, apportés soit en interne aux coworkers (un peu) soit en externe aux entreprises ou institutions. Ces derniers pourraient englober des formations, du consulting, de la mise en relation ou de l’apport d’affaires. Cela pose le problème de la ressource humaines et du rôle propre d’un tiers lieux.

Mes réflexions … On va y revenir mais la définition même d’un tiers lieux est compliquée entre « endroit ou on se rencontre pour bosser (ou pas) » et « location de bureau ». Chercher un seul modèle économique me semble complétement vain. Les expérimentations en cours nous donneront des pistes mais je doute qu’elles soient reproductibles d’un espace à l’autre. Un excellente article du blog de la Mutinerie trace quelques évolutions possibles du coworking dont chacun privilégie un modèle économique. Pas simple de savoir vers où nous allons …

Le coworking et le territoire

La discussion a isolé deux points importants : la géographie « pratique » c’est à dire où placer un espace de coworking et son positionnement dans la vie d’un territoire.

Pour le positionnement géographique il n’y a pas grand chose à dire sauf à lister les avantages et les inconvénients d’être en ville, à la campagne, en périphérie urbaine, etc. Chaque situation peut répondre à des besoins, il n’y a pas de formule miracle.

L’inclusion dans la vie d’un territoire est un aspect fondamental de la réussite d’un espace de coworking, tous les acteurs présents l’ont souligné. Cet aspect est à relier avec les valeurs fondamentales du coworking et semble une ligne de partage possible avec de la pure location d’espace. Les interactions possibles sont nombreuses (animations, formations, interaction hors les murs, etc.) et permettent de bien différencier l’espace de coworking des autres lieux de travail. C’est aussi un manière naturelle d’assurer la communication et la promotion.

Dans cette discussion, le rôle de l’animateur de l’espace de coworking est revenu de nombreuse fois. C’est cette personne qui doit faire prendre la mayonnaise. J’y reviendrais dans la partie suivante.

Mes réflexions … La localisation d’un espace de coworking est pour moi profondément lié à sa mission principale. Si on veut rassembler un écosystème numérique à travers une série d’animations (matin, midi et soir) la présence en zone très urbaine et très proche de transports en commun me semble indispensable. Si on se place plus dans la constitution d’un lien géographique proche, toutes les localisations, du quartier au petit village sont bonnes, tant que la volonté est là. Dans l’optique de ressembler des entrepreneurs, des entreprises et de leurs donner les meilleurs conditions, la facilité d’accès, l’environnement et la qualité des locaux sont les éléments essentiels. Dans l’idéal donc, la « mission » du lieu est définie avant l’emplacement … Si ce n’est pas le cas, les risques de flottement et d’épuisement me semblent grands. Il est en effet aussi compliqué de changer de lieu que de changer d’objectif un fois l’action lancée …

Le coworking et les nouveaux modes de vie

Vaste sujet !! Je vais passer assez rapidement sur les généralités : le numérique bouleverse la manière de travailler, la crise amène les gens à créer leur activité, les loyers sont trop chers à Paris, les trajets domicile-travail sont le plus en plus complexes, on change de travail tout les 3 ans en moyenne aujourd’hui, etc.

Tout cela pour dire que l’enjeu aujourd’hui est que l’homme et la femme doivent se réapproprier leur « travail », et ils sont en train de la faire … C’est à cela que ce lieu étrange de coworking doit répondre. Et ce n’est pas facile … Les besoins sont très différents entre un étudiant célibataire, un couple avec enfants et un papa ou une maman solo.

La confrontation vient aussi du « co » plutôt collectif, convivial, rassurant et du « working » plutôt individuel, efface, stressant. N’y a-t-il pas une certaine ambigüité dans le fait de vouloir mettre sur pied ca propre activité, être responsable de son travail, être « indépendant » … et vouloir également intégrer un espace partagé qui fonctionne en posant des règles de vie en communauté ?

Le lieu idéal pour les coworkers est « simplement » une seconde maison. Parfois dans la description des attentes, on peu même penser que c’est une maison tout court. Il y a déjà des cas où c’est fait, les coworkers vivent en co-location. C’est peut-être le stade ultime qui rapproche travail et domicile ?

Dans ce joyeux bordel où tout le monde veut un peu tout, il se détache un rôle central : le concierge ou l’animateur du lieu (le nom n’est pas fixé). C’est à lui qu’on demande beaucoup. Il doit créer les conditions de vie ensemble tout en respectant l’intimité de chacun. Il doit également créer « l’ambiance » du lieux qui va générer le « co », la sensation d’appartenance. Ce rôle peut être confié à une personne, une équipe ou même être tournant. Il n’y a pas, ici encore, de solution miracle.

Mes réflexions … On revient dans cette partie sur les liens entre la personne et l’entreprise. Le développement des espaces de coworking ne se fera, à mon avis, qu’en parallèle des évolutions de l’entreprise. Il y a de plus en plus de tentatives visant à mettre la bonne vieille « société » au centre du réseau informel  de compétences des individus. Les entreprises sont sur les réseaux sociaux, participent à des barcamps, sponsorisent des hackatons, font appel à l’open innovation et au crowdsourcing, etc. Les tentatives me semblent encore un peu maladroites mais montrent que le chemin est là. Je n’ose même pas parler de l’évolution collective des mentalités que ce chemin demande … Évangélisation vous avez dit ? 🙂

Retrouvez les photos de l’événement sur http://www.flickr.com/photos/lacantine-rennes/sets/72157640543043534/with/12324116275/

One thought on “[Re]work, une rencontre autour du coworking et des tiers-lieux

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