Un point de vue subjectif sur les tables rondes de Laval Virtual 2016 (1/3)

C’est avec un grand plaisir que j’ai organisé et animé les tables rondes et les keynotes de l’édition 2016 de Laval Virtual. Comme en 2015, je vous propose ici un résumé très subjectif de ces rencontres, centré particulièrement sur les points qui posent plus de questions qu’ils n’amènent de réponse ! Pour une vision plus technos/usages de l’événement, je vous invite à consulter l’article publié sur le site de RA’pro.

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Toutes les photos sont disponibles sur le compte Flickr de Laval Virtual

Nous avions cinq thèmes cette année sur Laval Virtual, cet article concerne l’usage de la réalité virtuelle pour le grand public et dans le secteur des médias et du journalisme.

VR@Home

LavalVirtual2016_02Dans cette session nous nous sommes intéressés aux développements des offres de VR pour les particuliers en général, en nous concentrant sur trois axes : le matériel, le contenu et les moyens de diffusion.

Sur le matériel, tout le monde s’accorde pour dire que nous entrons vraiment dans le vif du sujet en 2016. Les casques comme le HTC Vive ou l’Occulus sont prêts, celui de Sony arrive en octobre et on ne compte plus les systèmes mobiles pour smartphones. Il reste encore des choses a améliorer pour les rendre plus confortables mais les premiers tests montrent qu’ils peuvent être utilisé par presque toute la population et apportent beaucoup de satisfaction. Il reste aussi à trancher la question des enfants et de l’âge « limite » d’utilisation. Les recherches sont en cours sur le sujet.

ILavalVirtual2016_13l n’y a finalement pas vraiment d’opposition entre les casques et les accessoires de smartphones, ils complètent une gamme d’utilisation large. Cependant, il semblerait que des grands marchés, comme la Chine, s’oriente plus vers l’ultra-mobile et donc le complément du smartphone.

L’interaction reste un sujet chaud. Le HTC Vive a montré la voie en proposant un système très complet et plusieurs fabricants, comme Ximmerse, proposent des périphériques matériels pour aller encore plus loin. Autre sujet à creuser, le modèle économique du matériel. Va-t-on vers de la vente classique ou un couplage avec des contenus (console de jeux, smartphones, etc.) ? Pour le moment tout reste possible.

LavalVirtual2016_11Sur la partie contenus, nous sommes dans une période d’effervescence, beaucoup de choses sont testés dans tous les domaines imaginables ! Pour le moment il est encore difficile de cerner les attentes des consommateurs même si classiquement, les domaines du jeux, du sports et des loisirs semblent être les plus porteurs. Quelques bonnes pratiques de création semblent émerger, en particulier de la part des entreprises et des personnes « expérimentées » dans ce domaine mais rien n’est figé et il est probable que les expérimentations dureront assez longtemps, autant que la mise à disposition de nouveaux matériels ! Coté technologie, on ne voit pas non plus de standards absolus, ce qui force des choix parfois compliqués pour les producteurs.

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La diffusion des contenus RV reste à imaginer. Des canaux existent (historiques ou récents) mais il y a encore peu de compatibilité. Cela donne un paysage hétérogène et la captation d’un public significatif est compliqué. Évidement, c’est une difficulté majeure pour un modèle économique pérenne. Les grosses plateformes comme Google (Youtube), Facebook, Steam, Sony, etc. sont en train de consolider leurs offres et restent ouvertes à des partenariats souvent exclusifs. Pour les plus petits, outre les idées de rachats, la proposition de contenus ciblés ou de fonctionnalités très spécifiques est la voie d’évolution qui se profile.

Média et Journalisme

LavalVirtual2016_24Nous nous sommes intéressés à deux aspects complémentaires de l’usage des technologies, la captation de l’information et sa diffusion. Dans les deux cas, le nombre d’outils et de technologies a explosé et nous voyons apparaître tous les jours des expérimentations.

LavalVirtual2016_30Première remarque, les données sont disponibles en quantité incroyable. Elles proviennent des journalistes eux-même ou du grand public, qui a de plus en plus le réflexe de capter l’information. Cette abondance transforme le métier puisqu’il s’agit de maîtriser les outils pour accéder à cette masse et de savoir trier le plus efficacement possible les choses. Les témoignages montrent que la profession apprends très vite dans ce sens ! Est-ce que cela montre le développement de deux formes distinctes de journalisme, une basé sur la data, l’autre sur le terrain ? Il semblerait que la vérité soit entre les deux avec la constitution de groupes d’enquête aux compétences complémentaires.

LavalVirtual2016_27La multitude des formats disponibles entraîne également une réflexion sur le lien entre le moyen de captation, de diffusion et le public ciblé. Va-t-on vers une sorte de « verticalisation » de l’information ? Rien n’est moins sûr …

Coté technique, nous avons noté que le son est en train de vivre une révolution discrète, éclipsé par toute l’actualité sur l’image. Radio France travaille beaucoup sur ce sujet et il apparaît que l’immersion par le son est plus facile que celle amenée par l’image. Pour aller plus loin, c’est peut-être même la spatialisation du son qui sauvera la vidéo 360° de la déception post effet Whaoouuu 🙂

LavalVirtual2016_29Autre constatation, le temps réel devient (est?) la norme dans l’information. Ce n’est ni un bien ni un mal mais correspond aussi à l’évolution de notre mode de vie. Le danger qu’on pourrait imaginer et que cette accélération prenne le pas sur une analyse plus poussée et donc que l’information ne devienne qu’une suite de réactions.

En lien avec cette obsession du « live » nous avons également parlé des outils « discrets » de captation. Etre au coeur des événements avec, par exemple, l’utilisation de Google Glass pose une vraie question éthique car le journaliste peut ne pas être identifié comme tel. On peut donc penser qu’il capte mieux « l’information brute » mais dans ce cas, a-t-il le droit de la transformer ensuite (par exemple avec un montage) ?

LavalVirtual2016_28Autre remarque, même si les faits restent et doivent rester à la base de l’information, la diffusion avec des moyens toujours plus immersifs et parfois ludiques, tend à les transformer de plus en plus. Ce n’est pas sans conséquence sur le rapport de confiance entre le journaliste et son public.

Enfin, le modèle économique de l’information est complètement chamboulé par la facilité à « créer un média » aujourd’hui. Y a-t-il une place pour tout le monde ? Tous les média sont donc en train de se transformer et les frontières classiques (TV, radio, presse, web, etc.) ne sont déjà plus des réalités. Évidement, le métier de journaliste que peut que se transformer également. Vers quoi ? C’est la vraie question aujourd’hui !

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