Les médias 0.0, 1.0, 2.0 sont-ils solubles ?

Je vous signale un excellent billet d’ Internet et Opinion(s) intitulé « L’avenir des médias en ligne en 6 questions » que j’ai découvert grâce au blog du Cicla71.

Le thème général de l’article est l’évolution de la presse en ligne ou plutôt l’évolution de ses rapports avec les médias « classique ». C’est un sujet que nous abordons régulièrement entre les blogueurs de bourgogne, grâce à l’expérience de Pascal dans ce domaine. C’est un sujet qui m’intéresse car il est très lié à la recherche d’informations sur le Net, à la pertinence des sources et finalement à la façon dont nous seront tous manipulés demain (c’est la version pessimiste !).

Sans réécrire l’article, je mets le doigt sur un détail qui m’impressionne : l’ « Audimat » en temps réel et global du Web. En effet, pour tous les supports médiatiques il est possible de monter des baromètres, des enquêtes, des consultations, pour savoir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas. Pour un site Internet, les statistiques montrent « toutes » les consultations et de façon extrêmement précises. Impossible d’avoir un doute sur une partie de site qui n’attire personne. Evidement le corollaire est que si vous savez ce qui attire vos visiteurs (et potentiellement augmente votre chiffre d’affaire), vous pouvez avoir tendance à ne faire que ça … « mon public veut une information avec telles et telles caractéristiques, je produis mon information en fonction de ces caractéristiques ». Intéressant comme concept, non ? Bon les autres médias peuvent aussi essayer ce concept mais ils ne seront jamais autant « en direct » avec leurs utilisateurs que les sites web. Si on ajoute à cela le flottement actuel du modèle économique des sites Internet d’informations, on peut imaginer un avenir assez sombre à l’Information sur le Web.

Pour ma part et malgré le déclin annoncé de la presse écrite, je n’arrive pas à imaginer sa disparition en faveur d’Internet. Au contraire, j’ai l’impression qu’elle va gagner en qualité du fait de la concurrence. Avec peut-être le risque de se « luxifier », de restreindre son public à un certain nombre de personnes ou d’entreprises ayant les moyens de se l’offrir.

Alors demain des dépêches immédiates sur le Net et des analyses de fond vérifiées sur le papier ? Ce sera surement plus compliqué que cela, tant mieux !

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2 thoughts on “Les médias 0.0, 1.0, 2.0 sont-ils solubles ?

  1. François

    merci pour cette citation 😉

    Je suis également persuadé que la consommation de presse écrite ne peut pas descendre en dessous d’un certain niveau. C’est un média qui a de nombreux handicaps (moindre réactivité qu’Internet + il faut aller l’acheter + coûts de production + faiblesse de la distribution) MAIS il a aussi des atouts certains (confort de lecture + nomadisme)… reste à savoir où se situe ce niveau en question…

  2. Seb

    Bonjour,
    Je crois que la production d’information en fonction de ce qui « marche », c’est déjà tristement le cas, notamment en presse régionale. De plus, sauf à rechercher une analyse vraiment pointue, je pense que l’essentiel est accessible sur le web, sur le modèle ‘info gratuite payée par la pub’.
    Et comme la plupart des publications reprend le même schéma, c’est clair qu’il y aura encore du déclin en perspective. Surtout quand on fait des mélanges journalistico-politico-industrialo-financier en gouvernance.

    Dans ce contexte, il est à craindre que les publications de qualité « se luxifient » (pour vous citer), pour pouvoir vivre d’un produit moneyable : le travail d’un journaliste.

    J’écris ce commentaire sans prétention d’expertise, juste comme « consommateur » de presse papier & web. Je vais aller lire l’article que vous proposez en lien, merci.
    Excellente semaine.

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