La réalité augmentée un outil d’ « empowerment » pour le monde de la mode et de la beauté ?

La réalité augmentée est souvent vue comme un « gadget rigolo » dans les applications à destination du grand public. Dans un article pour le site i-d.vice.com Hannah Ongley nous livre une vision bien plus originale de l’usage de cette technologie dans le monde de la mode et de la beauté.

inkhunterIl y a de nombreuses applications utilisant la réalité augmentée dans le monde de la beauté. Depuis le succès de l’application Atol produite en 2010 par Total Immersion, de nombreux services ont vu le jour. Les objets « rigides » sont toujours les plus faciles à proposer comme le maquillage avec L’Oréal Makeup Genius ou YouCam Makeup qui a dépassé les 100 millions de téléchargement. On trouve aussi les montres (Mode-in-motion), les bijoux (beochic), les tatouages (InkHunter) et même les colorations de cheveux (Vidal Sassoon). L’essayage de vêtements ou d’articles plus souples restent à l’état de prototype même si de gros progrès ont été fait ces deux dernières années. FaceCake a présenté plusieurs déclinaisons de ces applications au dernier CES (Swivel Selfie et Virtual Dressing Room) qui promettent une représentation physiquement réaliste pour tous les types de tissus dans moins de deux ans. Pour augmenter la précision il est fortement probable que nous aurons bientôt tous notre double numérique.

« In recent decades we’ve moved away from the archaic idea that neon hair and visible tattoos are symbols of internal depravity — can’t an iPhone also be used to send 3D digital messages about experimentation and identity ? »
Hannah Ongley

Ce qui est intéressant dans l’article de Hannah Ongley, c’est ce glissement de l’essayage purement utilitaires vers des signes identitaires à part entière. Il est donc possible de signer son appartenance à un « tribu » à partir d’un tatouage virtuel comme d’un réel. On peut donc imaginer l’apparition dans les prochaines années de nombreuses applications de ce type, en réalité augmentée ou utilisant d’autres technologies. Le NFC par exemple convient parfaitement. Je vous invite à jeter un oeil sur le bijou connecté « C’est pour toi » et sur toutes les propositions de bagues utilisant cette technologie.

Metaverse Nails – Wearable Hologram Fashion Nails from metaverse-makeovers on Vimeo.

« This type of technology is to empower the customer to want to purchase products, but it is also there to explore and learn more about a brand, have fun with the AR simulations and be educated on possible purchasing decisions. »
Thea Mai Baumann, CEO of Metaverse

Coté réalité augmentée, des applications comme Metaverse illustre bien cette tendance. Il ne s’agit plus uniquement d’essayer mais de construire une identité à partir des différentes propositions. Vous noterez que nous ne sommes pas encore dans un modèle 100% virtuel puisqu’il s’agit de vendre des ongles, que l’on augmente ensuite. Comme le précise Thea Mai Baumann, il faut donner à l’utilisateur l’envie de jouer avec les possibilités et la possibilité d’explorer des zones « inconnues ». L’achat n’est que la concrétisation de ce processus.

« Everyone needs to relax on achieving the unattainable. Especially when beauty is beyond constructed and simulated. »
Thea Mai Baumann, CEO of Metaverse

L’exploration doit donc être la plus complète possible, et permettre d’aller au delà des chemins balisés par des scénarios proposés. On retrouve par exemple ces scénarios dans les application de maquillage qui proposent des produits ou des couleurs en fonction du type de peau.

Sans aller dans une étude plus profonde, et en ne revenant pas sur les évidences (simplicité, ergonomie, etc.) on peut déterminer quelques points à travailler pour trouver le succès sur les applications du domaine de la mode et de la beauté :

  • Pour convaincre les utilisateurs et les utilisatrices, il faut leur laisser le plus de liberté possible dans l’utilisation. Proposer des scénarios est extrêmement utile pour la prise en main et pour rassurer les personnes mais cela ne doit pas limité la créativité. Cela veut dire en particulier pour la marque une vraie capacité à « lâcher prise » et à savoir tirer profit des créations proposées.
  • Le partage est important dans les utilisations dont nous avons parlées. L’aspect social, communautaire, est peu adressé aujourd’hui. Le degrés zéro pourrait en être le partage facebook/twitter/snapchap … Même si la création d’un véritable réseau social est un coup, certaines marques en ont la légitimité. C’est un outil idéal pour réaliser la mise en avant de certaines créations dont nous parlions au point précédant. Attention toutefois à ne pas en négliger le cout de fonctionnement !
  • Connaitre l’utilisateur pour lui proposer des scénarios adaptés reste l’élément le plus complexe. Aujourd’hui aucune application n’est réellement satisfaisante à défaut de profils bien documentés qui pourrait (justement) se construire dans un réseau social. L’émergence des IA et autres « agents personnels » va probablement faire évoluer les choses dans les années à venir.

Bref, les possibilités sont énormes et le marché semble là même si le modèle économique sera à préciser dans certains secteurs.

Maj : Je vous invite à suivre la keynote de Parham Aarabi (CEO, Modiface) lors du dernier AWE. Au delà du maquillage, on y a voit les autres possibilités de la technologie et en particulier la partie santé.

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